Les sionismes : une pluralité méconnue

David Encaoua · Juillet 2024 · Times of Israël — Blog David Encaoua

Le sionisme n'a jamais été une idéologie monolithique. Dès ses origines à la fin du XIXe siècle, différents courants se sont affrontés sur la question fondamentale : qu'est-ce que le projet sioniste ?

Le sionisme socialiste (Borochov, Katznelson) voulait créer un foyer national juif fondé sur le travail et la justice sociale. C'est ce courant qui a dominé les premières décennies de l'État d'Israël.

Le sionisme religieux (Kook père et fils) voyait dans le retour à Sion l'accomplissement messianique de la promesse divine. Ce courant, minoritaire à l'origine, est devenu dominant après 1967 et la conquête de la Cisjordanie.

Le sionisme culturel (Ahad Ha'am) voyait Israël non pas comme le foyer de tous les Juifs, mais comme le centre culturel et spirituel du monde juif. Une vision profonde, souvent négligée.

Le sionisme révisionniste (Ze'ev Jabotinsky) défendait un État juif sur les deux rives du Jourdain, avec une vision nationaliste puissante. Le Likoud en est l'héritier.

Pour la tradition sépharade représentée par les Encaoua, ces débats ne sont pas abstraits. Les Juifs du Maghreb ont fait leur alyah tardivement, souvent poussés par la décolonisation. Ils ont hérité d'une vision du sionisme fondée sur la survie et l'identité, plus que sur l'idéologie.

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