Raphaël Encaoua — « l'Ange Raphaël »

Premier Président du Haut Tribunal Rabbinique du Maroc — Ner HaMaarav · Salé 1848 – Salé 1935 · Salé, Maroc

Quatrième et dernier passeur de pensée juive de la lignée, Raphaël Encaoua fut désigné par le général Lyautey pour présider le premier Haut Tribunal Rabbinique du Maroc. Surnommé « l'Ange Raphaël » de son vivant — surnom qui prolonge celui de son père Messod « Ange de Dieu » — et « Lumière du Maroc » (Ner HaMaarav) à sa mort.

Fils de l'Ange de Dieu

Raphaël est le fils de Messod « Ange de Dieu » Encaoua (1826-~1885) et petit-fils d'Amram Encaoua (Gibraltar 1804 – Salé 1874). Son prénom même — Raphaël, « Dieu guérit » — et le surnom d'« Ange » qui lui fut attribué s'inscrivent dans la continuité de la piété paternelle. La tradition rapporte que dès son plus jeune âge, il manifesta des dispositions exceptionnelles pour l'étude et la prière, héritage direct de l'atmosphère de sainteté dans laquelle il grandit.

Formation et début de carrière

Formé rabbiniquement auprès d'Issachar Assaraf, il exerça d'abord une activité commerciale avant de se consacrer entièrement, à 33 ans, à ses activités de juriste et d'écrivain. En 1870, il fut nommé rabbin à Salé, où il acquit rapidement une réputation d'érudition et d'intégrité qui dépassa les frontières de sa communauté.

Le Haut Tribunal Rabbinique

Après l'établissement du protectorat français en 1912, le général Lyautey le sollicita pour présider le premier Haut Tribunal Rabbinique du Maroc, créé par un dahir de mai 1918. Cette nomination témoigne de son prestige exceptionnel. Ses publications, signées sous l'acronyme REM (ר״ם), constituent une codification juridique unifiée entre les différentes communautés du Maroc.

Œuvres publiées

Parmi ses œuvres : Karné Rem (commentaires sur le Choulhan Aroukh, Jérusalem 1910), Paamoni Zahab (Jérusalem 1912), Toafot Rem (Casablanca 1930), Hadad Vé-Téma (Jérusalem 1977) et Paamon Vérimon (Jérusalem 1977). Ces publications couvrent le droit matrimonial, le droit commercial et le droit successoral.

Hommages et postérité

En 1929, Raphaël Encaoua fut décoré de la Légion d'honneur par le Résident Général Lucien Saint. À sa mort le 2 août 1935, il fut pleuré comme le Ner HaMaarav (« Lumière du Maroc »). Sa tombe à Salé, dans un mausolée impeccablement entretenu, et sa hilloula célébrée chaque année à Dimona et Netanya en Israël, témoignent de la vénération qui l'entoure encore aujourd'hui. Il est le dernier des quatre grands « passeurs de pensée juive » identifiés par David Encaoua.

« [object Object] »

Biographies — The Encaoua →