Rabbin et homme de piété, surnommé מלאך ה׳ (Malakh Hashem) · Salé 1826 – Salé ~1885 · Salé, Maroc
Messod Encaoua (משעוד אנקאווא), surnommé « Ange de Dieu » (מלאך ה׳, Malakh Hashem), fut un rabbin d'une sainteté et d'une piété exceptionnelles dans la communauté juive de Salé. Son surnom témoigne de la vénération que lui portaient ses contemporains, qui voyaient en lui un homme d'une pureté morale et spirituelle hors du commun.
Le surnom de « Ange de Dieu » (מלאך ה׳, Malakh Hashem) n'est pas donné à la légère dans la tradition juive. Il est réservé aux figures d'une sainteté reconnue par toute la communauté. Ce titre évoque le verset de Malachie (2:7) : « Car les lèvres du prêtre gardent la connaissance, et c'est de sa bouche qu'on recherche la Torah, car il est un ange (malakh) de l'Éternel des armées. » Messod incarnait cette figure du sage dont la parole et la conduite reflétaient la lumière divine.
Dans la Salé du XIXe siècle, Messod Encaoua occupait une place centrale dans la vie religieuse de la communauté juive. Homme de prière et d'étude, il était reconnu pour sa générosité envers les pauvres et son dévouement pastoral. La tradition orale rapporte qu'il passait de longues heures en méditation et en étude nocturne, suivant en cela la pratique des Mekoubalim (kabbalistes) marocains. Sa réputation de sainteté dépassait les murs du mellah et il était respecté même par les élites musulmanes de la ville.
Il est le père du Grand Rabbin Raphaël Encaoua (1848-1935), lui-même surnommé « l'Ange Raphaël ». Le surnom du fils se comprend alors dans la continuité de celui du père : Raphaël signifie « Dieu guérit » et le titre d'Ange prolonge l'héritage paternel. Cette transmission du surnom angélique entre père et fils constitue un cas remarquable dans les annales du judaïsme marocain, témoignant de la piété exceptionnelle qui caractérisait cette branche de la famille.
Messod Encaoua correspond à la génération 15 de la lignée directe des Encaoua. Il se situe entre son père Amram Encaoua (1804-1874, venu de Gibraltar à Salé) et son fils Raphaël, qui deviendra le premier Président du Haut Tribunal Rabbinique du Maroc. Avec lui, la lignée des Encaoua au Maroc atteint un sommet de sainteté personnelle qui prépare l'ascension institutionnelle de la génération suivante.
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